Article du Midi Libre - 30 mars 2005
Les partisans du "non" occupent le terrain
Conférences de presse, rencontres-débats, cafés citoyens... Les partisans du "non" au référendum sur le traité constitutionnel européen occupent le terrain. Pas un jour sans un meeting ou une occasion de défendre leur position.
Hier, c'était Dominique Rousseau, porte-parole du comité héraultais "Non à la constitution libérale" qui réunissait les journalistes pour se féliciter de la progression du "non" dans les sondages. Et Attac qui organisait le débat dans une brasserie de la ville. Comme le professeur de sciences politiques Paul Alliès, dans une autre.
Du côté du "oui", la campagne locale peine à être visible. Alors même que les ténors des deux grands partis de gouvernement ont pris position en faveur du traité. Seul le PS présente un programme dense de réunions publiques. Dont Robert Navarro, secrétaire fédéral, s'étonne du peu de retentissement médiatique. Mais l'homme convient également qu'une amplification de la campagne pour le "oui" est nécessaire. Dans cet esprit, André Vezinhet, Hélène Mandroux et Georges Frêche doivent intervenir publiquement dans les prochaines semaines.
A droite, Jean-Pierre Grand, député maire de Castelnau-le-Lez, assure que la « machine se met en marche ». Lui vient de lancer un comité local pour le "oui". Mais il a décidé d'en confier la responsabilité « aux jeunes ». Un « signe fort », selon Jean-Pierre Grand, mais qui ne sera peut-être pas l'argumentation politique visiblement attendue par une grande partie de l'électorat. De fait, beaucoup de partisans du "oui" optent pour les symboles ou se contentent de qualifier leurs adversaires d'archaïques. Quand ceux-ci fructifient sur des exemples concrets comme la directive Bolkenstein.
« La confiance est chez les partisans du "non", explique le député UMP Jacques Domergue. Et il y a un risque de voir la politique gouvernementale rejetée dans ce scrutin. Il faut que les parlementaires battent la campagne. Et que le président s'implique. C'est lui qui a posé la question aux Français. La Franceest de plus en plus frileuse mais la campagne va monter en puissance. »
« On a un boulevard devant nous, assure au contraire Dominique Rousseau. Les députés partisans du "oui" ont peur de se mouiller parce que leur électorat ne suit pas. A droite comme à gauche. Nous, nous continuons à débattre et à expliquer, à faire un travail de terrain. En face, on joue sur la peur. C'est une pratique bonapartiste. L'Europe se construit par négociations. »
R. O.
Created by
appel200
Last modified 2005-04-10 05:59 PM
Last modified 2005-04-10 05:59 PM